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TOURNEE PIANO BAR
LA PRESSE


ANVERS - 06/10/2002

Patricia Kaas au coeur de la grande chanson française

Les titres de son nouvel album et... des tas de surprises

ANVERS Patricia Kaas a déserté les grands espaces pour des théâtres plus humains. Si elle se produit, ce mercredi au Cirque Royal, plutôt que, comme à son habitude, à Forest National, ce n'est pas que ça marche moins bien pour elle. C'est un choix! Un choix qui s'harmonise avec l'ambiance de son dernier album, Piano bar, lui-même inspiré par le rôle de Patricia dans le film de Lelouch, Ladies and gentlemen.

Hasard de calendrier, Patricia Kaas a entrepris sa tournée des petites salles quelques mois après que Patrick Bruel ait eu la même initiative, à la suite de son album de reprises des succès des années 30.

Sur son disque, Patricia Kaas adapte, en anglais, des grands standards de la chanson française. Il n'y a certainement pas matière à remplir tout un spectacle et, par ailleurs, il eut été maladroit de mélanger ces adaptations à son répertoire habituel. Toute la question était là: comment donc allait-elle structurer ce spectacle des petites salles qu'avant Bruxelles, elle présentait, dimanche, à Anvers?

Eh bien, en mélangeant les titres de son album à d'autres reprises, en français dans le texte, et qui constituent autant de surprises.

Elle arrive en scène par le titre générique du film, Ladies and gentlemen, adapte Mon homme, Et maintenant et Hier encore d'Aznavour, annonce que, sur une scène large de quarante mètres, elle veut rendre un peu de l'atmosphère d'un piano bar. Et la première surprise a la voix... d'Edith Piaf. Une voix parlée, rendue à travers un extrait d'interview. Et qui annonce une chanson que personne n'attendait dans le répertoire de Patricia Kaas, Sous les ponts de Paris.

Patricia Kaas a six musiciens autour d'elle. Dont deux claviers. Et surtout un percussionniste qui appuie, de sons modernes, cette chanson tellement marquée d'hier.

Pour une surprise, c'est une surprise. C'est surtout très joli.

Plus tard, assise sur un divan empire, rouge pourpre et brodé or, elle chantera L'Aigle noir de Barbara. Puis La mer de Trenet dans une orchestration totalement jazz.

C'est le climat du spectacle. Patricia Kaas n'a pas un musicien français autour d'elle. Si bien que ces étrangers ressentent d'une autre manière la grande chanson française et apportent une touche musicale neuve.

La version de If you go away, Ne me quitte pas, est plus rapide que sur le disque. Et plus belle.

Elle achève d'ailleurs le premier tiers du spectacle. La chanteuse quitte son pantalon de cuir brun pour une robe gitane tandis qu'un rythme soutenu de bossa nova annonce une interprésentation, guidée par la guitare basse, de Harley Davidson. On entre dans l'hommage à Gainsbourg.

Plus tard, ce sera Léo Ferré qu'elle évoquera par trois chansons. La dernière, Paris Canaille, achève le deuxième tiers du spectacle.

Cette fois, Patricia Kaas, revient en pantalon blanc et chemisier scintillant. Elle termine son tour de chant par des chansons qui appartiennent, elles aussi, au grand répertoire français et ses fans n'auraient pas voulu qu'elle les ignore: les siennes!

Une dizaine de titres avant un rappel dédié, lui, à Jacques Brel.

S'achève un spectacle basé sur la virtuosité. Virtuosité vocale incontestable. Virtuosité aussi de musiciens remarquables et plusieurs solos sont applaudis par un public de connaisseurs.

La seule chose, c'est que Patricia Kaas, femme spectacle, qui bouge aussi bien qu'elle ne chante, a du mal à se muer en véritable meneuse de revue. En dépit de ses efforts, son spectacle se regarde plus qu'il ne se vit.

Et il est curieux de constater qu'elle, si bavarde lorsqu'elle donne des interviews, a tellement du mal à parler à son public. Ses petites gaucheries orales relèvent certainement d'un petit charme. Mais quand même...

Eddy Przybylski
© La Dernière Heure, le 08/10/2002